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La Fête de la Mer ou Fête de la Saint-Pierre

Samedi 28 juin 2008

Le programme

Port de Nice

La fête de la Saint-Pierre est l’authentique fête des pêcheurs : c’est la traditionnelle célébration de la mer, qui donne lieu à de nombreuses animations, programmées sur 2 jours.
Les célébrations religieuses débutent avec la messe dite à l’église du Gésu. La procession, la bénédiction et l’incinération de la barque ont lieu, après le spectacle des groupes folkloriques de Nice.

Les Niçois et la Mer - la Festa de San Pèire

Si le bord de mer a fait la notoriété de Nice, capitale de la Côte dAzur, il ne fut longtemps considéré qu’avec crainte. De cette vaste étendue, le "territoire du vide", pouvaient surgir les pires dangers, et naissaient les plus vives incertitudes.

En arrivait aussi une part de la richesse de la ville, qu’on souhaitait toujours plus importante.

De fait, dans un temps religieux, ces dangers, ces incertitudes et ce souhait ne pouvaient être calmés ou comblés que par le recours au saint protecteur, que son métier désignait : Pierre le pêcheur.

"Lauda la mar "

Une expression niçoise bien connue résume ces contradictions : "Lauda la mar e tenti en terra", dit la sagesse populaire, "Loue la mer et reste sur terre", pourrions-nous traduire. Il est vrai que la Méditerranée est pleine de périls. Le péril de la tempète, brève et violente, qui brise les barques. Le péril du Barbaresque, qui débarque sur la côte, razzie bêtes et gens et les entraîne dans les captivités lointaines de Tunis, d’Alger ou de Tanger, en attendant le rachat par les Trinitaires. De retour, suspects, les malheureuses victimes étaient reconverties au catholicisme sous I’autorité de I’oeuvre des Catèchumènes, dirigée par les Pénitents bleus du Très-Saint-Sépulcre.

Ce péril n’est pas éloigné, dans la mémoire collective : en 1808, encore, une razzia eut lieu à Carras, et il fallut une expédition contre Tripoli, menée en 1825 par l’amiral niçois Félix de Constantin de Châteauneuf, sur ordre de Charles Félix, pour que les régences barbaresques abandonnent cette pratique.

Une tradition de solidarité

Mais de la mer ne vient pas que le péril : la richesse, ou tout au moins la subsistance, en étaient aussi retirées. Le commerce maritime est le sang économique de Nice. Dans ses deux ports successifs, aux Ponchettes, des origines à 1750, et, depuis, à Lympia, se croisent barques, tartanes et felouques qui portent le sel, l’huile, le vin, le cuir, ou cabotent sans fin entre Gênes et Marseille. Et sur la grève, au soir, les pêcheurs tirent leurs barques.
Sous la Restauration, pour une ville de trente mille habitants, on compte cent trente pêcheurs en activité. Une activité. nourricière, certes, mais bien peu rémunératrice.

Il suffit de voir l’extrême dénuement dont témoignent les gravures du temps pour comprendre que la pêche n’enrichissait personne. Comme souvent, de cette pauvreté est née une magnifique tradition de solidarité.
Chaque année, le 29 juin, à l’occasion de la fête de leur patron, Simon le pêcheur, devenu Pierre d’un mot du Christ, la corporation des pêcheurs de Nice brûlait la barque la plus dégradée du plus pauvre d’entre eux, et, en se cotisant, lui en offrait une neuve, au milieu des chants, des danses et des réjouissances.

Un protecteur au milieu des poissons

Cette belle tradition vit encore aujourd’hui, même si elle ne reproduit plus qu’un simulacre. Elle n’est que le reliquat de la longue journée qui, depuis le Moyen-Age, célébrait le saint patron. Dans la paroisse la plus proche de la mer, l’église Saint-Jacques (aujourd’hui I’Annonciation, surnommée Sainte Rita), la corporation des pêcheurs de Nice avaient dressé l’autel de Saint Pierre.
Le jour de la fête, ils s’y rendaient en procession pour lui demander son intercession afin de rendre les pêches fructueuses. Et, tout au long de l’année, ils suspendaient à sa statue des lamelles ciselées, en argent, représentant des poissons, sardines, anchois on bugues.

Cet autel est toujours visible, décoré de belles oeuvres d’art, tel un tableau d’Abraham Van Loo représentant la "Délivrance de Pierre", et certains de ces ex-votos se trouvent encore dans les trésors des églises.
Et les poissons, les vrais ? Avant de finir dans les pignata des Niçoises, ils trouvaient leur fin sur les étals de la Pescaria, le marché public aux poissons, d’abord situé place de la Poissonnerie. puis sous la Terrasse nerve (actuel musée Mossa), et enfin place Saint-François.

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