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Après les dramatiques événements de l’an 1543 – le siège de Nice par les Français et les Turcs, la mise à sac de la ville et l’héroïque résistance du château s’ouvre une période de relative prospérité.
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Le long règne du Duc de Savoie Charles Emmanuel Ier est associé à un renouveau urbain, favorisé par la création du port franc en 1612. Ses successeurs, Victor Amédée Ier puis Charles Emmanuel suivront la même politique bénéfique pour notre ville comme pour l’ensemble du comté.
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Certes, Nice alors seul accès maritime des états de Savoie - Piémont, demeure, au XVIIe siècle enserrée dans ses remparts, mais “intra-muros” les chantiers se multiplient : remaniements d’anciennes demeures ou édifices religieux constituant déjà un patrimoine conséquent, constructions nouvelles, confèrent alors à la vieille ville sa physionomie actuelle.
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UNE VILLE QUI S’AGRANDIT
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L’âge baroque est marqué en effet par la naissance des préoccupations urbanistiques. En Piémont, les trois extensions successives de Turin, voulues par les ducs Charles-Emmanuel Ier, Charles-Emmanuel II et Victor-Amédée II au XVIIème et au XVIIIème siècle, prouvent d’une part l’intérêt des souverains pour ce type d’action qui montrent la puissance de leur pouvoir et enracinent d’autre part dans le duché une culture et une expérience nouvelles de l’aménagement urbain.
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Il était naturel que Nice soit l’objet de ces gestes urbains. Pourtant, sa vocation militaire les entravait plus qu’ailleurs. On ne s’étonnera donc pas de constater que la ville connaît un moment-charnière de son Histoire avec la destruction de la forteresse en 1706. Jusqu’à cette date, en effet, la forme urbaine de la cité ne change quasiment pas. Elle reste limitée par la muraille, dont elle ne sort pas, et sa superficie ne diffère pas de celle qu’elle a acquise depuis la fin du Moyen âge et le " déperchement " de la ville haute au milieu du XVIème siècle. La destruction des murailles, en 1706, ouvre une autre ère. On constate en effet que le mouvement d’imitation de la capitale et de ses extensions volontaristes ne tarde guère. Dès 1717, un premier projet est établi, concernant l’urbanisation du Pré-aux-Oies (actuel quartier de l’Opéra et de l’Hôtel-deVille), un marécage jusqu’alors considéré comme le glacis des défenses. Ce projet prévoit la création d’une place (actuelle place du Palais) devant le couvent des Dominicains (sur l’emplacement du Palais de Justice) et l’ouverture d’un nouveau réseau de rues (Louis-Gassin, de la Terrasse, Alexandre-Mari, Saint-François-de-Paule) au gabarit large et rectiligne, aux immeubles proportionnés et harmonieux. Il sera mis en œuvre tout au long du XVIIIème siècle.
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A partir des années 1770, c’est le liseré sud du cours Saleya qui reçoit à l’emplacement de la muraille les Terrasses, entrepôts et logements pourvus d’une servitude de passage public sur leur toit.
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Enfin, à compter des années 1780, c’est le secteur nord de la ville qui se voit doté d’un projet d’extension, avec pour centre la place Victor (aujourd’hui place Garibaldi).
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UN EXTRAORDINAIRE RENOUVEAU ARCHITECTURAL
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Mais l’âge baroque est aussi un moment de création architecturale d’une grande qualité, d’une grande innovation et d’une belle audace. L’action résolue des ducs de Savoie, le temps de relative prospérité, le volontarisme de certains ordres religieux comme les Jésuites ou les Théatins produit un extraordinaire renouveau.
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Bénéficiant aussi bien des apports ligures que piémontais, l’art baroque niçois les associe en des œuvres où transparaissent toujours les modèles de la contre-réforme catholique romaine.
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L’église du Jésus de Nice peut être regardée comme l’exemple le plus achevé de cette architecture de lumière, soulignant la rupture avec le passé et affirmant le triomphe de la foi Catholique. Commencée en 1612 elle ne sera achevée sa forme actuelle qu’en 1650.
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La richesse du décor de stuc de la nef, selon le goût génois, véritable encyclopédie des motifs et figures baroques, est complétée par celui des chapelles latérales, où jadis ruisselait l’or des parures d’autel, et des statues aux expressions tourmentées.
On doit à Jean André Guibert, ingénieur urbaniste et architecte, les plans de la Basilique Cathédrale Sainte-Réparate, consacrée en 1699. Avec sa nef flanquée de deux collatéraux, son ample transept surmonté d’une coupole sur tambour, son chœur profond, la cathédrale est le plus vaste sanctuaire du Vieux Nice. Le décor des chapelles latérales, du chœur et des deux chapelles majeures du transept est particulièrement somptueux. Les cartouches de la corniche présentent les initiales des princes de la Maison de Savoie, et l’arc triomphal de la croisée du transept, le blason de l’évêque Provana de Leyni.
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LE BAROQUE PIÉMONTAIS
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La magnifique chapelle de la Miséricorde (Pénitents noirs) est une exception locale par son architecture proche des modèles piémontais. Bâtie à partir de 1740 selon les plans de Bernardo Vittone, elle est constituée d’une nef de plan elliptique, flanquée de chapelles latérales semi-circulaires. Par les jeux de lumière sur les ors, la polychromie, la profusion des lignes courbes, elle est le joyau baroque du Vieux-Nice.
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L’ARCHITECTURE CIVILE
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La présence de l’architecture baroque civile est pour sa part plus discrète, souvent limitée au couloir et à la cage d’escalier à colonnes et voûtes d’arêtes, voire à quelques décors de stuc. Les constructions majeures, comme le Palais ducal dit Palais sarde, ou l’ancien palais communal, pour lequel un projet de restauration est actuellement à l’étude, ont subi de profondes transformations à diverses époques.
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Le Palais Lascaris (XVIIe et XVIIIe siècle) est l’illustration unique mais brillante du baroque civil niçois que le visiteur peut découvrir. Bâti pour une branche des Vintimille-Lascaris, le palais s’insère avec bonheur dans un tissu urbain pourtant contraignant. La façade, par l’ornement des fenêtres à frontons, des balcons à balustres et mascarons annonce l’étage noble. Les plafonds de l’appartement d’apparat sont illustrés de scènes mythologiques. Les stucs de l’alcôve de la petite chambre et de la chapelle constituent avec les boiseries et les gypseries des niches de l’escalier une intéressante version locale du baroque et du rococo.
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Le vestibule, annoncé par un somptueux portail de marbre à bossages, porte au centre les armoiries de la famille des Vintimille-Lascaris, dont l’aigle bicéphale rappelle les origines byzantines.
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Le Palais Lascaris, acquis par la ville de Nice en 1942, a été classé monument historique en 1946.
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