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Le château de Nice : de la forteresse au parc
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La colline du Château, promenade obligée pour qui désire découvrir la ville dans son écrin de collines ou encore apprécier sa fraîcheur estivale, n’est devenue cet îlot de verdure qu’au cours du XIXe siècle. Aujourd’hui, seuls son nom et de discrets vestiges rappellent le rôle défensif qui fut le sien durant près d’un millénaire de l’histoire de notre cité. |
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Aperçu du parcours en vidéo
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L’ "Acrople" antique
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Des temps antiques, on ne sait que peu de choses sinon que le site est occupé au moins au Xe siècle avant notre ère par les autochtones et qu’au IIIe siècle des contacts existent entre ces derniers et les Grecs phocéens, auxquels l’on attribue la dénomination du site : " Nikaïa " la victorieuse. Cette héroïque dénomination est le fruit de l’orgueil des Niçois des temps postérieurs. On sait aujourd’hui que, plus qu’à une hypothétique bataille opposant les Grecs aux Ligures, le nom de Nice renvoie à une racine ligure, nis, qui signifie la source. Or, au pied du Château, et jusqu’à une époque récente, une source jaillissait sur la plage, permettant l’approvisionnement en eau douce des navires de passage, puis celui des pêcheurs. Cette origine du nom de Nice, bien que moins glorieuse explique sans doute pourquoi les Grecs s’attardèrent ici et couplèrent à une aiguade un site défensif, comme, par exemple, à Syracuse, l’île d’Ortygie est l’indispensable rempart de la fontaine d’Aréthuse. A compter de l’installation des Grecs, la colline semble avoir été occupée de façon continue. C’est à son pied que vit Nikaïa, durant l’Antiquité, et à son sommet que se réfugient ses habitants quand les Invasions barbares rendent la plaine dangereuse et Cemenelum la romaine inhabitable. Cependant les sources documentaires sur cette époque sont trop fragmentaires pour que l’on puisse se faire une idée, même approximative, de sa physionomie.
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Au moyen-âge, la ville haute
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Dès le XIe siècle, la présence du " castrum " de Nice est attestée alors même que Nice devient ville de " consulat ", statut qui lui assure une large autonomie communale sous la domination des comtes de Provence depuis le IXe siècle. Une enceinte devait suivre à peu près la courbe de niveau de cinquante mètres d’altitude, protégeant ainsi la plate-forme inférieure au nord du Château. A l’intérieur de cette enceinte s’établit une ville de quelques milliers d’habitants, avec ses églises, ses couvents, son marché, ses hôpitaux, ses tours nobles. Au XIIIè siècle encore, toute la ville de Nice est concentrée sur la colline. Mais au cours du XIVè siècle, la ville basse s’est aussi largement développée. Elle a dévalé les pentes de la colline et s’est répandue dans la plaine, sous la protection du cours du Paillon. Elle est à son tour dotée d’un rempart longeant partiellement le fleuve. Le château des comtes occupe sur la colline l’emplacement le plus élevé, le belvédère actuel. Il abrite l’administration de la viguerie, émanation du pouvoir central. Autour de la citadelle où sont installés les officiers et la garnison chargés de la défense de la ville, se trouvent la cathédrale Sainte-Marie, ses dépendances, et des habitations de notables niçois. Non loin de l’enceinte, dans la partie supérieure de la ville basse, s’élèvent la tour et la maison commune.
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Au temps du baroque, la forteresse des Ducs de Savoie
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La dédition de Nice à la Savoie, en 1388, ne modifie pas sensiblement, et dans l’immédiat, la géographie de la colline. Le Château, " Castrum Magnum ", ne sera modifié que vers 1440 par le Duc Amédée VIII puis par Louis Ier. En 1520 des remaniements sont exécutés sur le flanc nord de la citadelle avec l’adjonction de trois bastions semi-circulaires destinés à en renforcer la partie la plus vulnérable. Après le siège de Nice de 1543, dont le souvenir est, pour les Niçois, traditionnellement associé au nom de Catherine Ségurane. l’héroïne légendaire qui fit reculer les Turcs et les Français, le Duc Emmanuel Philibert décide un profond remaniement du système défensif. Cette décision entraîne le déperchement de la ville haute, de plus en plus amoindrie par les facilités économiques et matérielles qu’offrait la ville basse : entre 1550 et 1580, toute la population de la colline doit la quitter et s’installer dans l’actuel Vieux-Nice, surélevant les habitations qui s’y trouvaient et lui conférant en grande partie l’aspect actuel de ses immeubles, élevés et densément occupés.
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Les travaux de fortification, effectués durant la décennie 1560, sont dus aux ingénieurs et architectes Ferrante Vitelli et Francesco Paciotto, lesquels ont conçu un complexe fortifié comprenant non seulement la citadelle de Nice, ses remparts, mais aussi le fort du Mont-Alban, la citadelle de Villefranche et celle de Saint-Hospice au Cap-Ferrat. L’antique muraille médiévale est conservée autour de la partie supérieure du site, la plus anciennement habitée et la plus méridionale ; le plateau inférieur (où se trouvent les cimetières aujourd’hui), jusqu’auquel les Turcs et les Français avaient pu en 1543 conduire leurs canons, se voit doté d’une muraille bastionnée " moderne ", épaisse et basse, moins sensible aux tirs de l’artillerie. Cette muraille se verra complétée d’ouvrages supplémentaires tout au long du XVIIe siècle. Les autres fortifications sont conçues selon le même principe. Pour ravitailler en eau cette impressionnante forteresse, on creusa un puits qui, du sommet de la colline, descendait sur plus de cinquante mètres jusqu’au niveau de la mer, atteignant la source fondatrice, et qui est aujourd’hui occupé par la cage de l’ascenseur. Cet ensemble fortifié (Nice, Mont-Alban, Villefranche et Saint-Hospice), considéré comme imprenable, découragera les adversaires des Savoie un siècle et demi durant. Mais, durant la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1690-1697), alliance anti-française qu’avait rejoint le duc Victor-Amédée II, l’armée française de Catinat, forte de 10 000 hommes, met le siège devant Nice en mars 1691. Les défenseurs de la citadelle, très inférieurs en nombre, ne se rendent qu’après un bombardement intense qui entraîne l’explosion de la poudrière du donjon, au prix de nombreuses victimes. La place forte demeure dès lors aux mains des Français pour cinq années, jusqu’au traité de Turin qui, en 1696 rendit l’intégralité de ses domaines au duc de Savoie. Une page de l’histoire de Nice et de sa colline est définitivement tournée lors de la guerre de Succession d’Espagne lorsque Victor-Amédée II choisit l’alliance avec l’empereur Léopold Ier. En avril 1705, la ville capitule devant les assauts français, de même que Villefranche, le Mont-Alban et Saint-Hospice. Quant à la forteresse, soumise à un feu intense, elle ne résiste que quelques semaines à la puissance de l’artillerie du maréchal de la Feuillade : elle est contrainte à la capitulation au début de 1706. Louis XIV décide alors d’en finir avec la redoutable place forte de Nice et en ordonne la destruction complète, qui sera exécutée à partir du printemps 1706, en quelques mois. Le fameux plan de Nice de 1610, commandé par le premier syndic Honoré Pastorelli, restitue avec grande précision la ville du XVIIe siècle. On y distingue non loin du Château la façade de la cathédrale dédiée à Notre-Dame, remaniée et agrandie au XIIe ou au XIIIe siècle, dont les vestiges sont encore visibles aujourd’hui, mis à jour par plusieurs campagnes de fouilles dont celles de Fernand Benoît dans les années 50. Au nord de la citadelle, s’étend le glacis bastionné, vaste espace sur lequel ont été aménagés, dès 1783, les nouveaux cimetières.
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Aujourd'hui, le jardin romantique
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Mais la métamorphose de la colline ne prend place qu’au XIXe siècle, avec la création, décidée par le conseil de la Ville dès 1821, d’un premier jardin public. Réalisé après approbation par lettres patentes du roi de Sardaigne Charles Félix, à partir de 1828, étendu par la suite à l’ensemble du site supérieur et de ses accès, l’aménagement des jardins a été prévu au plan régulateur élaboré par le Consiglio d’Ornato, commission chargée de l’urbanisme niçois. Sa gestion est alors confiée à Antoine Risso, célèbre naturaliste et botaniste niçois, qui transforme le terrain vague parsemé de ruines que les militaires avaient maintenu en l’état depuis la destruction de la forteresse en un jardin botanique doublé d’un parc destiné à l’agrément des premiers touristes et hivernants. Le site du Château est remodelé et embelli à plusieurs reprises, notamment après 1860 grâce à l’acclimatation d’essences variées, de conifères (pin d’Alep, cyprès, pin parasol) et de feuillus (charme-houblon, chêne vert, robinier, micocoulier). On remarquera aussi sur les rocailles exposées au sud, la croissance d’espèces xérophiles (agave, figuier de Barbarie, euphorbe). De nouveaux escaliers aménagés depuis les Ponchettes desservent la tour Bellanda, reconstruite en 1825. La surprenante cascade, construite en 1885 sur le site de l’antique donjon et alimentée en eau par les différentes adductions d’eau modernes ajoute aux attraits naturels du site. Récemment, un nouvel éclairage d’ensemble confère un aspect particulièrement féerique à la colline qui, depuis les années 1860, à l’initiative d’un résident écossais, sir Thomas Coventry More, résonne du canon de Midi. Dans les années 1950-1960, tandis que l’on dégageait les vestiges de la cathédrale, un parcours d’inspiration antique vint orner murs et cheminements. Enfin, depuis 1998, un vaste travail de recensement des vestiges a été entrepris afin de redécouvrir ce qui demeure de la forteresse et de tous ses états successifs, médiévaux puis baroques.
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